
© Aurélia Naquache
Alice Sfintesco est née en 1974 en France
Elle vit et travaille à Paris
Les femmes colorées et pailletées d’Alice Sfintesco se dessinent sur des fonds blancs. Leurs contours précis mettent en valeur des figures féminines puissantes pleines d’autodérision confrontant les stéréotypes et les attentes sociétales créant ainsi un dialogue entre la sensualité et la réflexion critique.
Les femmes qu’elle représente se réapproprient leur corps, mêlant habilement tradition, modernité et influences culturelles. Avec puissance et autodérision, elles incarnent une vision de la féminité, qui célébre la diversité et la richesse des identités tout en défiant les normes établies.
Sur des scènes sans décor apparaissent comme sorties du néant dans lequel elles étaient tenues, des femmes colorées d’acrylique, d’aquarelle et de
paillettes argentées ou dorées. Elles font face, vigoureuses et sensuelles.
Elles paradent masquées comme lors des carnavals, ces moments de renversements des valeurs où l’homme se féminise et la femme prend des
attributs masculins, un monde inversé qui met en exergue le ridicule des rapports sociaux habituels. On peut rapprocher certains de ces masques peints à
ceux que l’on croise dans les carnavals traditionnels du Nord de l’Europe.
C’est une orientation féminine et féministe qui n’est pas dans l’effacement des formes de la femme, mais dans son affirmation, c’est en somme
ce qu’évoquait Antoinette Fouque, la co-fondatrice du Mouvement de Libération des Femmes. Selon elle, la femme n’est pas le deuxième sexe, mais le premier,
car : « Le premier environnement de tout être humain, c’est un corps de femme ».
Alice Sfintesco expérimente avec élégance et finesse cette filiation de femmes du « premier sexe », celui qui accueille et crée en son corps un chef d’oeuvre.
Les femmes d’Alice sont comme des apparitions, non pas de la Vierge Marie, mais plutôt Marie de Magdala, la Sainte Putain, l’amante cachée du Christ.
Elles sont ce qu’on nommait au moyen-âge dans l’occident chrétien des sorcières, de celles que l’on brulait. Considérées comme des prostituées aux
pouvoirs magiques, elles étaient les plus belles et les plus insoumises. Une légende raconte que la beauté des femmes de l’Est viendrait du fait qu’elles
n’ont pas subi cette terrible chasse aux sorcières qui sacrifiait les plus jolies d’entres elles.
Les figures d’Alice ne sont pas figées, elles ondulent et dansent sur les rebords du vide, certains balancements de hanches convoquent cette énergie
populaire qui a transformé notre vision du monde sur les femmes dans les années 2000, celle des Spice Girls, ce groupe pop anglais a modifié la perception
de la féminité tout autant qu’à pu le faire Simone de Beauvoir pour la bourgeoisie française. Néanmoins, là où les Spice Girls n’étaient que surfaces lisses et
tendues comme des arcs, les femmes d’Alice sont habitées de coulures internes, d’aspérités. Une lutte s’opère entre les contours solides et la vie intérieure fluide
et fragile, entre la représentation publique et les émotions. Par ces biais masqués qui sont des protections vitales de l’intime, du soi avec les autres, elle entre en
contact avec les démons qui nous entourent, elle répond à la claustration sexiste par l’absurde.
Ses personnages féminins ont le plus souvent une couleur dominante qui se ramifie, se fluidifie et se mélange à d’autres comme les confluences des fleuves. Ce sont des femmes plaines, des femmes rizières, des femmes soleils. Voyez Kali, elle pose à l’échelle 1, mi alanguie, mi hautaine. Elle est bottée en bleu et paillettes. Si l’on remonte le long de ses jambes élancées, on franchit des lacs translucides, des paysages de sable jaune et des coulées de lave rouge, on atteint le haut des cuisses,
le déhanchement des fesses, l’entrejambe et l’on remonte encore vers le bas ventre, le haut du corps jaune, orangé, rouge, ses yeux gris verts brillants sont cerclés de noir, de bleu, de gris léger. Ses sourcils noirs épais se rejoignent comme ceux d’une diablesse, un masque blanc immaculé, un nez violine au-dessus d’une bouche rouge vif avec une langue tirée, longue et rose, les mains sont jointes au-dessus de la tête et tiennent ses cheveux dressés vers le ciel. Dans l’hindouisme, celui ou celle
qui vénère la déesse Kali est libéré de la peur de la destruction, elle éloigne le mal car elle incarne la puissance.
Ses portraits de femmes en plans serrés semblent encore plus caustiques, plus clownesques et anarchistes, comme si ses femmes avaient pris le goût de la dérision d’elles-mêmes, de la caricature expressionniste : des femmes lionnes, des femmes taureaux, des femmes au nez de serpent, des femmes qui rappellent certaines figures masquées de James Ensor. Alice Sfintesco tient fermement le flambeau de la peinture qu’elle assaisonne de strass, de paillettes et d’humour corrosif.
Laurent Quénéhen,
critique d’art et commissaire d’exposition.
Education/residencies
1999/2002 Le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, Tourcoing.
1999 Résidence Fondation Laurent vibert, Lourmarin.
1999 DNSEP Ecole des Beaux Arts de Montpellier.
1997 DNAP Ecole des Beaux Arts de Montpellier.
EXPOSITIONS COLLECTIVES
2026 Mandragore,Galerie 24b, Paris 1e.
2025 Septentriones, cité du petit Thouars, Paris III
2025 SALO, Salon du dessin érotique, Paris 11e.
2025 Eikhon Faune, 59 rivoli, Paris
2024 SALO, Salon du dessin érotique (de 2018 à 2024), Paris 11e.
Da Morire, Galerie 24b, Paris 1e.
Amour, Galerie Espace temps, Paris 3e.
2023 SALO, Salon du dessin érotique, Paris 11e.
Demain dès l aube, Galerie 24b, Paris 1e.
2022 Alice Sfintesco, Musée de Botosani, Roumanie.
Amours III, Galerie Plateforme, Paris 20e.
SALO, Salon du dessin érotique (de 2018 à 2024), Paris 11e.
2021 SALO, Salon du dessin érotique (de 2018 à 2024), Paris 11e.
2020 Amours, Galerie Héloise, Paris 13e.
2019 De mères en filles , Galerie Convergences, Paris 3e.
Amours, Galerie Plateforme, Paris 20e.
2018 SALO, Salon du dessin érotique (de 2018 à 2024), Paris 11e.
2017 SALO, Galerie Episodique, Paris 11e.
2016 SRO GALLERY, Brooklyn, NYC, USA.
PORTAL ART FAIR, Federal Hall National Memoriam, NYC, USA.
True Mirror, Espace Commines, Paris 3e.
SALO, Galerie 24Beaubourg, Paris 1e.
Narratives, Three Tides, Belfast, Maine, USA.
2014 Self war, H2O, NYC, USA.
Gouvernor Island Art Fair, NYC, USA.
Pignon sur rue ville de Montreuil, Place de la croix de Chavaux,
Office du tourisme de Montreuil,
EXPOSITIONS PERSONNELLES
2025 Morsures, L’Amitié, Montreuil
2022 Parade, exposition personnelle, Galerie Joseph, Paris 3e.
2019 Animales, Atelier du Bonouvrier, Montreuil.
2018 Les combattantes, Exposition personnelle, Espace des filles du calvaire, Paris 3e.
2017 Fantoches!, Exposition personnelle, Atelier du Bonouvrier, Montreuil.
REALISATIONS/PUBLICATIONS/INTERVENTIONS
2024 Réalisation du clip Piccolo, de l’album Ventas Rumba, Ezéchiel Pailhès,Circus company
2023 Publication dans la Revue Cahiers rouges, Hélas.
2022 Pochette de l’Album Mélopée, Ezéchiel Pailhès, Circus company.
2021 Fresque , Ecole Maternelle Jean Jaurès, Montreuil.
2020 Pochette de l’album Chronos, Secrets of Elements, Infine.
2020 Fresques sur les façades Batiment pour jeunes actifs, Architecte Leclercq et Associés, Bagneux
2018 Publication dans la revue Berlingot project
2017 Intervention Ecole Maternelle Jean Jaures, Montreuil
2016 Pochette de l’album Tout va bien, Ezechiel Pailhès, Circus company.
2015 Publication dans Masque, corps, langues, les figures dans la poésie érotique
contemporaine sous la direction de Lucie Lavergne et Caroline Crépiat.
Classique Garnier. 2017
Publication dans la revue Slanted magazine
2013 Claramagazine
Pochette de l’album Divine, Ezechiel Pailhès, Circus production, 2013
Etiquettes des vins de Leila Pailhès et Marc Gauthier
Butterfly, édition